- Réponses des candidats à l'élection présidentielle

Par Pigistes solidaires :: 26/04/2007 à 22:08 :: Réactions

Ségolène Royal, José Bové,

Olivier Besancenot et François Bayrou

répondent à "Pigistes en colère"

 

Ségolène Royal et José Bové réclament que les aides accordées par l’Etat aux entreprises de presse et de l’audiovisuel soient conditionnées au respect du droit des salariés et précaires, et notamment des pigistes. De son côté, Olivier Besancenot demande des droits accrus de contrôle des salariés des médias pour combattre la précarité et obtenir le respect du Code de travail.

 

Les trois candidats ont répondu aux questions posées par les signataires de la pétition « Pigistes en colère » que nous avons adressée à l’ensemble des candidats - à l’exception de ceux de l’extrême droite -, dans le but d’attirer leur attention sur la situation précaire de la plupart des pigistes.

 

Nous avons par ailleurs reçu une réponse de François Bayrou.

 

  Réponse de Ségolène Royal

  Réponse de José Bové

  Réponse d'Olivier Besancenot

  Réponse de François Bayrou


Témoignages

Par Pigistes solidaires :: 06/03/2007 à 12:31 :: Réactions

Témoignages envoyés

par des signataires :

   

Au 10 mai 2007 

 

« Il est temps de dénoncer ces pratiques illégales qui n'ont que trop duré. Dans notre activité, nous dénonçons souvent des situations et injustices. Celle que nous vivons doit être sue, connue et révélée au grand public, aux législateurs, aux URSSAF... Je suis content de trouver enfin écho à mes préoccupations personnelles et à celles de mes consoeurs et confrères. A bientôt j'espère. » Un pigiste

 

Nous avons reçu une lettre de soutien du député UDF Jean Lassalle.

Fichier PDF :

http://www.blog4ever.com/fichierss/70633070218040141.pdf

 

Au 28 janvier 2007 :

 

« Comment ne pas être inquiet pour son avenir? » Une étudiante en journalisme

 

« Journaliste depuis 1974, parfois pas droit à la carte professionnelle à cause des règlements en droits d'auteur... »

 

« J'ai constaté que les droits des pigistes n'étaient pas respectés (tickets restaurants, congés payés...) et que les employeurs abusaient de ce statut en faisant des piges dans des cas où ils devraient embaucher en CDD. J'entends partout que la situation se dégrade et c'est bien sûr les plus précaires qui en font les frais. Je pense donc que c'est en s'unissant qu'on pourra au mieux défendre nos droits. » Une pigiste.

 

Au 28 décembre 2006 :

 

« Reconnaître les droits des pigistes n'est pas une mince affaire. C'est le néant complet au niveau des ASSEDIC lorsque l'on se renseigne pour une éventuelle ouverture de droits. Comment expliquer que les gens du spectacle ont une certaine assurance (même si elle est en ce moment remise en cause...) quant aux jours chômés alors qu'un pigiste, dont le côté précaire de l'emploi n'est plus à prouver, ne bénéficie d'aucune aide ? Et que dire du contrat de travail d'un pigiste assimilé pourtant au régime général ? CDD renouvelable à l'infini ? On avance ici dans un brouillard sans nom... » Un rédacteur-photographe.

 

« Non à la précarité, oui au droit à une stabilité de travail et du revenu. » Claudio d'Alelio, président du Groupe politique européen fédéraliste.

 

« Les pigistes doivent se rassembler pour mieux faire valoir leur droit et ce quel que soit le type de presse dans lequel ils travaillent. Il faut arrêter la prostitution ! » Un journaliste.

 

« Je suis rédactrice cameraman depuis presque quatre ans pour les JT de TF1 et France 3 et mon statut est de plus en plus précaire. De 15 piges par mois je suis passée à 5 piges par mois, avec un salaire de 1.500 euros, Assedic compris. Je cherche partout, y compris dans l'institutionnel et j'avoue que je n'en peux plus (…) »

 

« Bravo à vous, je suis convaincue que nous sommes une vraie force si nous nous réunissons, pour réclamer des droits plus éthiques et décents, mais surtout pour une presse de qualité... » Une rédactrice pigiste

 

« Je cumule les CDD de un jour à un mois comme secrétaire de rédaction. Payée au SMIC, pas mes collèges en CDI... » Une secrétaire de rédaction

 

« Je suis pigiste depuis 5 ans pour un groupe de presse régional, j'ai demandé un contrat de professionnalisation à mon employeur mais cela m'a été refusé. Je suis donc directement concernée par cette pétition. Au-delà de la profession de pigiste c'est tout le milieu du journalisme qui souffre »

 

« Merci de prendre, enfin, ce problème à bras le corps. Tous les journalistes doivent pouvoir bénéficier des mêmes droits. » Une journaliste.

 

Au 13 décembre :

 

« Journaliste en recherche d'emploi (piges) en train de crever allègrement bien que cherchant un job autre que journaliste. Plein la patate de cette vie, souhaite renseignements pour adhérer au syndicat. (Pour information, 2 euros 64 en poche pour arriver  en Janvier ; les fêtes  vont être  encore belles) »

 

« Bonjour,

En France, je ne suis rien et inexistant et de temps à autre pigiste précaire. Dans un pays européen, je suis Conseiller d'une personnalité politique et je vis donc entre ces deux pays. Dans ce pays, on me demande souvent "comment se fait-il que quelqu'un d'aussi compétent ne serve pas d'abord son pays (la France)? Jusqu'à ce jour, je répondais par des plaisanteries. Mais après avoir vu que même les stagiaires sont surexploites et que leur manifestations sans violences avec des masques blancs sont sans effets (devraient-ils faire comme les jeunes de banlieue, en brûlant et tabassant à tout va pour qu'on leur accorde d'être eux aussi en premier plan dans les medias et écoutés du pouvoir?) et bien, désormais, oui, je répondrai ; "le pays d'où je viens s'appelle la France et les soi-disant pater soixante-huitard qui font la loi dans les rédactions ont bien mal vieilli, n'accordant leur chance aux jeunes que par relations.... c'est pas très différent, finalement, des pays où une fille doit accepter de se faire violer pour être ensuite respectée. Voilà pourquoi je suis pigiste précaire en France et que je la fuie pour faire des choses bien plus intéressante ailleurs. » signé Noface

 

« Je me déclare solidaire de cette pétition à une époque où tout le monde se déclare, certes, journaliste. A une époque aussi où, mis à part une caste, nombreux sont ceux qui crèvent la faim... Dur métier ! » Pigiste / serveur !

 

« Entre CDD en province et piges à Paris, les débuts sont difficiles... » Une journaliste

 

« Il est temps de s'intéresser à l'armée des précaires qui galèrent pour commencer à travailler dans la presse et qui ne sont pas en mesure, à cause de leur vulnérabilité, de faire valoir leur esprit critique et la déontologie journalistique. » Un journaliste

 

« Bravo pour cette initiative. Le droit des pigistes est bafoué au bénéfice des sociétés de média dont le but est de précariser les journalistes pour leur éviter de penser. » Un pigiste

 

Au 12 décembre :

 

« Je souhaitais vous dire que le cas des reporters photo ne se limite pas au seul cas que vous citez. Le fait que beaucoup de magazines, et surtout agences ne veuillent payer les photographes qu'en factures ou droits d'auteur est un vrai problème. Les tarifs photos sont aujourd'hui moins élevés qu'il y a 15 ans et les agences ne prennent plus en charge une partie des frais. » Un photographe

 

« Effectivement, pigiste rime avec précarité. Peu de droits, peu de considération, des conditions de travail difficiles et pourtant tellement indispensables à la bonne marche des journaux. » Une rédactrice

 

« Cela fait 20 ans que j'exerce le métier de journaliste en tant que pigiste : simple constat. Il y a 20 ans je gagnais 15 à 20 000 Frs par mois. En 2006 je suis à 1000 € tous les deux mois !!! Sans parler que les articles sont non plus payés à parution mais le plus souvent 1 à 2 mois plus tard. Que les commandes passées peuvent être annulées au dernier moment (faute de Pub) et ne pas être payées... Bref, pigiste rythme aujourd'hui encore plus avec précarité et sans avenir fixe !!! »

 

« Personnellement, je me demande si le CDI existe encore en journalisme et cela fait très peur. » Une journaliste

 

« En Belgique, c'est pareil... Malheureusement. » Une journaliste belge

 

« Journaliste depuis 10 ans, j'ai perdu mon emploi en 2003 suite à un 4e plan social. Depuis, de rares collaborations. A 33 ans avec deux enfants, je n'intéresse personne. Je ne touche plus d'indemnités. Je travaille régulièrement pour un site qui me paye royalement 300 euros par mois (!) et en droits d'auteurs pour ne pas me salarier. En mars, je perds ma carte de presse. Aujourd'hui, quand je sollicite du travail, j'ai le sentiment de mendier et les rémunérations proposées sont très basses. Avec un minimum d'empathie, on peut se rendre compte qu'il est difficile de garder le moral, sans parler de fierté. Mais qui cela intéresse-t-il dans une société où le travail et la conscience professionnelle ne sont plus des valeurs ? »

 

« Pigiste depuis trois ans, je ne vis désormais qu'avec le RMI. Payée constamment en droit d'auteur, il m'est impossible de cotiser et de demander la carte de presse. J'ai réalisé un guide de voyage pour une grande édition, j'ai dû avancer les frais (hébergement, nourriture, transports...) pour réaliser ce guide. Mon cachet sera versé en deux fois (la 1ère partie m' a été versée trois semaines après la remise du manuscrit: ce dernier me rembourse mes frais) et le deuxième me sera versé dans 6 mois !!!! J'ai dû emprunter de l'argent à mes proches pour partir faire ce guide ! Une honte ! La même collection d'édition a mis plus de 8 mois avant de me payer un manuscrit réalisé en début d'année (enquête immobilière)... J'ai menacé de m'enchaîner à leur porte et de faire une grève de la faim afin d'obtenir mon chèque ! Sinon de nombreux pigistes se font payer en notes de frais... alors conservez précieusement vos tickets de caisse et vos billets de train usagés ! En tant que photographe également, la plupart du temps, les magazines pensent vous faire une faveur en publiant vos photos et oublient de vous payer ! Marre de la précarité, je n'ai même pas assez d'argent pour m'acheter des magazines ! Je suis obligée de les voler chez mon médecin... »

 

« BRAVO pour votre initiative. Je suis pigiste depuis 1983, carte de presse de rédacteur-reporter renouvelée tous les ans. Je travaille régulièrement et depuis longtemps pour des grands magazines TV, mais entre deux grands reportages c'est la galère totale. Ces quatre derniers mois, pas d'indemnités, rien du tout !!! Parce que je n'ai pas été déclarée assez d'heures m'ont dit les Assedic, et pourtant j'ai fait des millions d'heures pour la télé, même les jours fériés, et à des horaires incroyables... et beaucoup d'heures "gratuites" où j'écris des projets sans aucune rémunération en retour ! Je suis passionnée par mon métier, mais si je le quitte, ce sera pour le danger de la précarité ...personne ne paye plus la prime de précarité en fin de contrat, et si on la demande on nous rigole au nez ou alors elle est pernicieusement incluse dans le "forfait", comme les congés payés et le 13° mois...ce qui est illégal, mais on est obligé d'accepter, car il faut vivre, même mal, on a pas le choix. Personnellement je suis écoeurée de la façon dont on nous traite, mais je pense qu'il faudrait des années de combat pour changer les pratiques dans la profession... et surtout de la concertation entre les pigistes, on est trop éparpillés... Il faudrait aussi que les chaînes de télévision arrêtent de considérer les ASSEDIC comme un CO-PRODUCTEUR et qu'elles rémunèrent correctement les producteurs indépendants, qui pourront à leur tour rémunérer le travail de développement... mais là aussi il faudra du temps ! »

 

Une pigiste et handicapée : « ...heureusement que j'ai ma pension ! »

 

« Qu'on vous, qu'on nous entende... Etre Journaliste ne se résume pas à la détention de la carte de presse. Les pigistes rémunérés en droits d'auteur le savent pertinemment, mais les autres??? Lecteurs et décideurs semblent l'ignorer, pourquoi? A qui servons-nous? »

 

« Bien que sorti, depuis peu, des conditions de vie qu'offre le statut de pigiste, je reste solidaire et n'oublie pas le mauvais traitement que l'on me réservait alors. Je me disais à l'époque JOURNALISTE A PART ENTIERE car la qualité de mon travail n'avait rien à envier aux titulaires de la carte de presse. Bon courage. »

 

« J'ai envie que les gens qui n'y connaissent rien au journalisme comprennent enfin que cette profession est très précaire. Ben, non, mamie, je n'aurai jamais un CDI au Figaro. »

 

Au 10 décembre :

 

« La précarité est un mal dont beaucoup trop de gens souffrent. Que ce soit pour les pigistes (dont je fais partie) ou pour les autres, il faut que ça cesse. Si on fait preuve de bon sens, chacun peut avoir une place. »

 

« Merci d'avoir mis en place cette pétition pour défendre nos maigres droits ». Une journaliste pigiste.

 

« Merci de votre initiative, il était grand temps. Bravo! » Une pigiste.

 

« Bonne initiative, ras-le-bol des piges sans limitation d’horaires, des frais partiellement remboursés, le tout pour des fin de mois galère... ». Un JRI (journaliste reporter d’images).

 

Au 7 décembre :

 

« Le journalisme est une passion certes, mais ça ne suffit pas pour vivre. Dommage ! » Une pigiste.

 

« Continuez le combat, d'autres vont vous rejoindre. Bon courage. »  Une documentaliste.

 

« Pigiste depuis quinze ans dans la presse musicale, je dois aujourd'hui collaborer à 7 titres pour gagner difficilement un SMIC, sachant qu'il n'y a que 11 mois de travail. »

 

« Sauvegarder le droit au travail des pigistes. Modifier les droits des pigistes » Un ingénieur.

 

Une étudiante en journalisme : « J'ai choisi cette filière en pensant qu'on pouvait être utile en tant que journaliste... mais ce que nous répètent tous les professionnels c'est que la profession se bouche et se précarise. Pourtant c'est incontestable, il y a besoin de changement aussi dans le journalisme. Dommage que la presse, comme beaucoup d'autres domaines, plonge dans une logique restrictive, à mon sens (auto)destructive. »

 

Au 3 décembre :

 

« Une ancienne pigiste, dont les indemnités de congés payés, d'ancienneté et le 13ème mois n'étaient pas payés, comme c'est le cas de nombreux confrères, passionnés par leur travail mais pauvres. »


Une journaliste pigiste : « Bravo, il était temps... »

 

Un journaliste qui signe avec une adresse xxxx@liberation.fr : « no comment »

 

« Aujourd'hui à Sud Santé-socio, j'ai été photographe et bien connu ce système. Le plus pervers était à la télévision française (jusqu'en 1988 me semble t-il), celui de PIGISTE PERMANENT. L'esclavage, le bon vouloir du petit chef tout y était. »

 

« Solidarité interprofessionnelle, je suis dans le même cas que la réalisatrice de documentaire XX. Beaucoup de travail non rémunéré pour monter les dossiers, etc. Sans compter la prod la plupart du temps financée par les indemnités Assedic. Ya basta!! » 

Réactions publiques

Par Pigistes solidaires :: 06/03/2007 à 12:30 :: Réactions

Réactions :

 

Réponse à Pigistes en colère, sur le site du collectif Bellaciao

http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=37921

 

« Pigistes en colère : une pétition pour que les pigistes soient mieux pris en compte ! »

Article de Greg Manset  sur categorynet.com + commentaires

http://www.categorynet.com/v2/content/view/36116/315

 

Merci à Radio Libertaire qui a reçu Pigistes solidaires

le samedi 13 janvier 2007 et le samedi 24 février 2007

(chroniques syndicales)

http://rl.federation-anarchiste.org/sommaire.php3

 

Marianne (du 3 mars 2007) a publié le portrait d'un journaliste pigiste

(signataire de la pétition "Pigistes en colère"). Idem pour Libé du 12 mars 2007

 

Le SNJ a publié des questions aux candidats à l’élection présidentielle

à propos de la précarité

http://www.snj.fr/article.php3?id_article=454

 

Merci à Politis pour l'article de Xavier Frison, "Précarité à la une" (15 mars 2007)

http://www.politis.fr/

Et encore merci à Politis de nous avoir autorisé à proposer le téléchargement de cet article (version PDF) : http://www.blog4ever.com/fichierss/70633070328101229.pdf

- Réponse d'Olivier Besancenot

Par Pigistes solidaires :: 21/04/2006 à 0:01 :: Réactions

Réponses d’Olivier Besancenot, candidat de la LCR, à Pigistes solidaires

 

En réponse à l’interpellation sous forme de demande d’engagements de Pigistes solidaires, je tiens d’abord à préciser que l’éradication de la précarité est l’une des propositions que nous défendons avec le plus de force lors de cette campagne présidentielle, ainsi que le Smic à 1500 euros avec une augmentation de 300 euros minimum pour toutes et tous. Dans mes propositions figurent en effet nombre de mesures qui vous concernent et vont dans votre sens : nous considérons que le contrat à durée indéterminée à temps plein doit être la norme. Je soutiens les luttes que mènent de nombreux salariés des médias, dont les pigistes et CDD, contre les concentrations, pour le pluralisme, pour l’amélioration de leurs conditions de travail et de salaire, contre la précarité.

• Engagez-vous à ce que toutes les aides et les ententes passées entre la presse, le secteur de l'audiovisuel et l'Etat (comme les «Contrats d'objectifs et de moyens»), soient automatiquement liées à l'adoption d'une charte sociale pour le respect des droits des pigistes. Droits qui sont inscrits dans le Code du travail et dans les conventions collectives (quand elles existent !), mais trop souvent ignorés, voire bafoués, par les dirigeants des médias.

• Engagez-vous à favoriser un projet de loi visant à assurer aux pigistes le droit à une stabilité de travail et de revenu. Dans les entreprises bénéficiaires des aides de l’Etat, le nombre de précaires ne doit pas dépasser les 10% des effectifs titulaires de chaque métier !

Réponse.  En ce qui concerne les pigistes, nous défendons leur intégration véritable et de plein droit dans chaque rédaction (comme le prévoit d’ailleurs le Code du travail depuis l’adoption de la loi Cressard en 1974, grâce à l’obstination des syndicats de journalistes). Nous sommes aussi contre les CDD dits d’usage, contre les CDD à répétition qui sont une forme d’esclavagisme déguisé, et bien évidemment contre la rémunération en droits d’auteur ou en honoraires qui est totalement illégale et n’arrange que les patrons (les cotisations sociales étant bien moindres et les droits à retraite et maladie infinitésimaux). En outre, nous sommes pour l’interdiction des faux stages et le paiement des vrais stagiaires étudiants selon les barèmes salariaux.  Bien sûr, nous estimons que le recours accru aux journalistes ou autres salariés précaires est une menace directe pour tous les salariés : quel pigiste ou salarié en CDD pourra refuser de répondre à des demandes de la hiérarchie avec lesquelles il est en désaccord si son emploi est directement menacé par un refus ? Cela pèse sur les salaires, sur la qualité de l’information, et cela remet en cause les droits fondamentaux des journalistes. Cette façon de diviser les salariés n’est pas nouvelle et il s’agit d’y mettre un coup d’arrêt par l’interdiction de la précarité.

Notons également que les femmes sont beaucoup plus nombreuses chez les pigistes et autres précaires. Dans la plupart des journaux et entreprises audiovisuelles, l’égalité salariale n’est pas respectée. Nous exigeons une application immédiate de l’égalité avec un rattrapage intégral depuis le début de carrière.

Une nouvelle loi n’est pas nécessaire pour créer de nouveaux droits en faveur des pigistes, puisque le Code du travail prévoit que les pigistes sont des journalistes comme les autres, présumés avoir un CDI, censés bénéficier de la Convention collective nationale de travail des journalistes et du Code de la propriété intellectuelle. Le problème est aujourd’hui d’obliger les patrons à les appliquer. Pour ce faire, des droits accrus de contrôle des salariés des médias sont nécessaires (notamment par l’intermédiaire des syndicats et des élus du personnel) sur la politique sociale de chaque entreprise médiatique. L’inspection du travail devrait également disposer de moyens très augmentés pour obliger les patrons à respecter la loi et de droits accrus pour faire appliquer les mesures que nous préconisons contre la précarité. Nous proposons de supprimer les aides financières à la presse et à la modernisation qui sont aujourd’hui versées essentiellement à des grands groupes capitalistes internationaux qui n’en ont nul besoin, qui n’offrent aucun pluralisme réel et qui licencient à tour de bras. Enfin, nous sommes contre les exonérations de cotisations sociales (voir notre programme sur le site Olivier Besancenot 2007).

Ces aides devront être réorientées vers le service public. Hostiles aux contrats d’objectifs et de moyens (voir nos réponses aux Etats généraux pour des médias pluralistes), nous préconisons des financements pluriannuels en faveur des médias de service public (que nous voulons étendre, développer et démocratiser). Bien sûr, le service public doit être exemplaire en matière de respect des droits des salariés, à l’inverse de ce que pratiquent aujourd’hui les chaînes de France Télévisions (voir également nos réponses aux EG) où seule la mobilisation périodique des salariés permet l’intégration d’une partie des précaires.

 

• Engagez-vous à limiter par la loi la concentration des médias qui tue le pluralisme et réduit l’emploi !

 

Réponse. Le pluralisme doit être organisé et protégé par la loi. Oui, nous sommes pour l’interdiction de la concentration des grands médias d’information quel que soit le support (presse écrite, radio, télé, Internet). Dans un premier temps, il sera interdit aux entreprises bénéficiant de commandes publiques de contrôler directement ou indirectement les principaux médias d’information. Cette législation s’appliquera en particulier aux grandes entreprises du secteur militaire, des travaux publics, de la grande distribution et aux collectivités détentrices de délégations de services publics (eau, transports, parkings etc.).En corollaire, nous proposons l’institution d’un droit de veto des salariés des entreprises médiatiques et de leurs représentants (élus des comités d’entreprise, etc.) quant à toute entrée dans le capital. Ce droit de veto s’accompagnera d’une consultation suspensive de la rédaction concernée (sous une forme à définir avec les syndicats de journalistes) sur l’orientation rédactionnelle. Enfin, comme dans toutes les entreprises, nous militons pour que les salariés des médias prennent les choses en main, contrôlent, décident et gèrent dans l’intérêt du plus grand nombre, sous le contrôle des citoyens.

Nous préconisons la création d’une autorité représentative du public (les usagers), des salariés des médias (journalistes, techniciens, créateurs, administratifs, etc.), du milieu social et associatif et des partis démocratiques. Elle sera chargée de répartir les fréquences et chaînes, sur tous les réseaux. Elle assurera l’harmonisation de la programmation, mutualisera un certain nombre de moyens de production, de diffusion, d’archivage. Le CSA sera bien évidemment supprimé.

 

Rappelons que nous sommes pour la réintégration de TF1 dans le service public et l’intégration de la plupart des chaînes privées (M6, LCI, etc.), dont celles concédées en région. Bien sûr, nous sommes opposés à l’attribution de nouvelles fréquences aux groupes médiatiques actuels, y compris en région.

Nous sommes opposés à toute ouverture du capital de France Télévisions, qui serait le prélude à une privatisation.

Et pour un droit de veto des représentants des salariés sur la nomination des dirigeants.

Enfin, cela concerne aussi de nombreux journalistes, nous sommes favorables à l’abrogation des décrets Tasca qui ont bradé des pans entiers de la production aux sociétés privées, le plus souvent créées pour la circonstance. Les chaînes publiques ne doivent pas être cantonnées au rôle de diffuseur. Le service public de l’audiovisuel doit bénéficier des moyens d’assurer l’intégralité de la production : information, fictions, divertissement.

Pour ce faire, il faut récupérer les moyens bradés au privé au moment de la privatisation de la SFP et développer une filière de production au sein de France Télévisions.

 

(La réponse d'Olivier Besancenot nous a été transmise le 20 avril 2007)

- Réponse de José Bové

Par Pigistes solidaires :: 20/04/2006 à 11:53 :: Réactions

Réponse de José Bové

à la pétition "Pigistes en colère"

 

Madame, Monsieur,

La presse bénéficie d'aides de l'Etat afin soit disant d'assurer son pluralisme???????

Il faut bien entendu que ces aides soient conditionnées:

 

- au respect de l'application des conventions collectives et règles de droit du travail à l'égard de tous les journalistes et bien entendu en premier les pigistes. Evidemment cette aide (et ses modalités) devront être revues en fonction du respect de ces règles.

 

- au respect de la liberté d'opinion de tout journaliste. Si limiter le regard  de l'Etat dans les relations et le travail des journalistes est nécessaire, il est possible d'envisager des procédures de médiations ou judiciaires plus efficaces pour faire respecter le  pluralisme.

 

Plus généralement il faut lutter contre le travail précaire et prévoir une charte sociale aux pigistes qui doit être imposée aux organes de presse et secteur audiovisuel. Cette charte négociée par les partenaires sociaux constituera ensuite une plateforme de droits permettant le maintien ou la revendications de droits.

 

Je me suis déjà exprimé sur la nécessité de faire voter rapidement une loi cadre permettant d'éviter la concentration des médias. Il faut à ce sujet prévoir un nouveau statut des entreprises de presse qui dissocient clairement le capital du travail des journalistes mais aussi qui  limite les prises de capital et concentrations.

 

Il faut aussi réfléchir à l'impact du marché publicitaire  sur l'économie des médias et accepter de réduire durablement le montant de ces revenus. En effet non seulement la publicité se pratique souvent au dépens d'une réflexion sur le  contenu des programmes, mais surtout conduit a faire des émissions basées sur du "sensationnel", de "l'émotion" au lieu de l'information. En fait elle agit comme un  véritable décervelage au profit d'une société uniquement consumériste et donc aussi au détriment de la diversité de l'offre culturelle....

 

Enfin il faut éviter toute intervention de l'Etat concernant la création d'un code de déontologie sur l'Internet  ce qui va aboutir à de nouvelles censures et la mise en place d'un ordre moral.

 

La place de la presse, des médias est fondamentale en démocratie et ne doit pas être détenue par quelques intérêts financiers, elle n'est pas non plus une  prérogative de l'Etat ou de l'exécutif comme le rêve M. Sarkozy. Elle doit être entre les mains de journalistes indépendants et correctement défendus par des droits salariaux s'imposant à tous.

 

Bien cordialement,

José BOVE

 

(Cette réponse nous a été transmise le 20 avril 2007)